26/08/2008Entretien avec Fabrice Rémon
Associé chez Déminor«Si nous estimons qu'il y a eu tromperie dans le dossier Natixis, on prendra les décisions qui s'imposent»- Boursier.com : Vous venez de publier une liste de six questions au conseil de surveillance en vue de l'assemblée générale de Natixis ? Pourquoi vous êtes- vous emparé de ce dossier ?
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Fabrice Rémon : Cela fait un certain temps que nous sommes surpris par la façon dont s'est comporté le titre en bourse (ndlr : la valeur a cédé 55% depuis le 1er janvier 2008). Et d'autre part, nous avons été alertés par de nombreux petits actionnaires... Ces derniers nous rapportent la façon dont ils ont été convaincus, de manière assez pressante, d'acheter des titres Natixis ! Ils croyaient acheter un produit sans risque... Enfin, pour nous, il est important de prendre l'opinion publique à témoin... Si cela permet de mettre un petit peu "sous pression" le conseil de surveillance pour répondre à nos questions sans langue de bois, c'est déjà un bon point.
- Boursier.com : Pour revenir dans le détail de ces questions, quel est l'élément du dossier qui vous paraît le plus inquiétant pour les actionnaires ?
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F.R. : Ce qui nous inquiète est de savoir si nous sommes au bout des surprises, ou si de mauvaises nouvelles restent encore à venir. L'un des points épineux est qu'il y a d'une part une augmentation de capital avec DPS et, parallèlement, il y a une augmentation de capital sans DPS. Cela signifie t-il que la levée de fonds avec DPS serait insuffisante ? Alors que nous savons que l'opération sera de toute façon "couronnée de succès" car les deux principaux actionnaires de Natixis - Les Caisses d'Epargne et Les Banques Populaires - se sont engagés à souscrire à la totalité de l'opération. Dans ce cas, pourquoi prévoir une opération sans DPS ? Ce n'est pas très rassurant...
- Boursier.com : Le flottant de Natixis est déjà limité à 25%. Si l'opération réussit, elle devrait entraîner une importante dilution et réduire encore ce flottant... par conséquent, le maintien de la cotation de Natixis serait-il encore pertinent ?
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F.R. : Si Natixis est retiré de la cote ce serait un signal très important donné au marché indiquant que la mise en Bourse fut une erreur. Il ne s'agit pas d'une PME, il y a des actionnaires de référence !... Par conséquent, si au bout d'un an, nous réalisons qu'il faut retirer la valeur de la bourse, les actionnaires auront matière à se plaindre. Effectivement, si le flottant devient ridicule, il faudra s'interroger sur la logique d'un maintien en bourse de Natixis. Et pour nous, l'effet immédiat sera de se demander si l'introduction a été faite dans des conditions judicieuses.
- Boursier.com : Justement, fin juillet, vous écriviez à l'AMF pour contester les conditions de mise en Bourse de Natixis ? Avez-vous eu d'ores et déjà un retour de leur part ?
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F.R. : Pour l'instant, nous n'avons pas de réponse de la part de l'AMF.
- Boursier.com : Que pensez-vous des solutions alternatives proposées par le fonds Greenlight Capital, à savoir la cession d'une partie des 20% que détient Natixis dans le capital de chacune de ses maisons-mères ?
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F.R. : Nous n'avons pas hésité à reprendre les questions de ce fonds. Mais je ne peux pas répondre à cette interrogation car j'estime que nous n'avons pas encore une bonne visibilité de la situation. Nous ignorons si d'autres mauvaises nouvelles vont arriver, quel est le sens de l'augmentation de capital sans DPS, et nous ne connaissons pas quelle sera la décote... Il y a un grand malaise sur ce dossier car on ne peut pas reprocher aux petits actionnaires d'avoir voulu spéculer. Si nous estimons qu'il y a eu tromperie, on prendra les décisions qui s'imposent.
Laurence Vallet
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